Il y a deux méthodes pour faire ce
tour, la nouvelle vient d'être imaginée tout récemment par un
magicien dans un spectacle de magie. On ne saurait dire laquelle
est préférable, le lecteur va juger.
Avec l'ancien procédé, il faut employer les deux bols dont il vient
d'être parlé, plus un troisième ignoré des spectateurs, dissimulé,
qu'il est sous le riz contenu dans la boîte. Il est en porcelaine
comme les deux autres, mais il y a un trou au fond et un disque de
zinc ou de fer blanc, également percé d'un trou au milieu est fixé
dans l'ouverture de façon à fermer complètement le bol.
Le rond de métal fixé avec du blanc de céruse est peint en blanc
pour ressembler à de la porcelaine, il est un peu convexe vers
l'extérieur, afin de faciliter l'écoulement de l'eau, dont on
rempli le bol.
A cet effet on le plonge dans un seau d'eau. Quand il ne monte plus
de bulle à la surface du liquide le vase est plein, bouchant le
trou du disque avec le doigt on le retire de l'eau et on essuie
bien le fond.
Quand cette partie est sèche on place sur le trou de ce côté une
boulette de cire, qui n'adhérerait pas sur une surface humide. On
peut alors retirer le doigt de l'autre trou, le liquide ne
s'écoulera que si on ôte la boulette de cire de ce tour de magie en
spectacle.
Ce bol plein d'eau est caché sous le riz vers un bout de la caisse.
C'est en enfonçant celui dont on se sert pour puiser les grains
qu'on fait l'échange, le laissant caché à la place du bol d'eau
qu'on retire et avec lequel on met une dernière fois du riz dans le
premier, on pose le second sur la boîte. Puis, quand la surface des
grains est nivelée, on prend ce bol le tenant toujours retourné le
fond en l'air et on le place sur le premier, en les agitant on les
retourne. Alors le riz quand il est découvert forme un monticule
sur le bol préparé, puisqu'il ne pénètre pas l'intérieur. Il est
chassé avec la règle et remettant les bols l'un sur l'autre, on les
retourne à nouveau, en les agitant toujours pour que les
spectateurs ne remarquent pas la manœuvre. La boulette de
cire est enlevée, et l'eau se répand dans le second bol. On montre
qu'il y en a dans les deux en la faisant couler de l'un dans
l'autre.
Dans la seconde manière le troisième bol est supprimé, on n'emploie
que les deux qui sont vus des spectateurs et ils peuvent être
donnés à examiner.
La petite préparation qu'ils ont subie ne peut guère être aperçue.
Ils ont été passés sur une meule de grès pour rendre bien plans et
nets leurs bords. C'est tout.
Un d'eux est rempli d'eau et recouvert d'une plaque de mica ayant
la forme d'un disque grand comme la circonférence extérieure des
vases avec une petite languette dépassant cette circonférence pour
offrir une prise afin qu'on puisse retirer le mica quand il se
trouve entre les deux bols réunis.
On opère sur un plateau de cristal.
Quelques grains de riz sont placés en un point de ce plateau et un
des bols plein d'eau et recouvert du mica est mis retourné à cet
endroit. Les grains de riz ont pour effet d'empêcher le mica
d'adhérer au verre et de supprimer le contact entre ces deux corps.
De cette façon on peut enlever par le fond le bol plein d'eau sans
que le liquide se répande.
Le riz est puisé à poignées dans la boite et déposé dans le bol qui
est arasé comme pour la première méthode. Ce bol plein de riz est
recouvert du second, plein d'eau les deux, quand ils sont en
contact sont retournés et lorsqu'on les découvre le riz formant un
monticule sur le mica semble avoir augmenté de volume. On le fait
tomber dans la caisse. Il faut à ce moment maintenir le mica avec
le pouce.
Comme quelques grains de riz sont tombés sur le plateau quand on a
séparé les vases, on les verse dans la boîte et avec eux ceux qu'on
y avait mis à dessein, de sorte qu'il n'en reste plus sur le
plateau.
Les bols dont un est vide et l'autre qui est plein d'eau est sensé
contenir du riz sont encore accolés, en les séparant on enlève le
mica avec le bol supérieur qu'on pose un instant sur le plateau,
là, le mica mouillé se colle au verre et on reprend les deux bols
qu'on porte vers l'assistance en versant l'eau de l'un dans
l'autre. Le plateau peut aussi être montré et retourné, surtout
s'il y a dessus des dessins pour troubler la vue.